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Sachant ce que j’allais vraiment faire le lendemain, je ne tenais plus en place et ne pus dormir convenablement. Levé et habillé avant que le premier serviteur s’éveille, je rompis mon jeûne d’un petit pain au lait et d’une gorgée de vin pris à la va-vite dans la cuisine, sur le chemin de la sortie, et me fondis dans le petit matin nacré. Je courus le long d’allées presque désertes et sur les nombreux ponts menant au marécage situé côté nord, où quelques enfants encore tout ensommeillés émergeaient de leurs barges. Etant donné la raison de ma venue, j’aurais a priori dû chercher Daniele, mais c’est néanmoins vers Ubaldo que je me dirigeai pour présenter ma requête.

— À cette heure-ci ? dit-il, à moitié scandalisé. Je pense que cette grosse truie de Margarita dort encore, mais je vais aller voir.

Il se baissa pour rentrer dans l’embarcation, et Doris, qui nous avait écoutés par-derrière, me dit :

— Je ne crois pas que tu devrais, Marco.

J’étais habitué à la voir mettre son grain de sel sur tout ce que l’on pouvait faire et dire, et je n’appréciais pas toujours forcément la manœuvre, mais je lui demandai quand même :

— Pourquoi ne devrais-je pas ?

— Parce que je ne veux pas que tu le fasses.

— Ce n’est pas une raison, ça.

— Margarita est une grosse truie.

Ne pouvant nier cette vérité, je m’en abstins, aussi ajouta-t-elle :

— Et puis, je suis plus belle que Margarita.

Fort impoliment, je ris, mais ne poussai pas la muflerie jusqu’à ajouter qu’entre une grosse truie et un chaton efflanqué, le choix n’était pas difficile.

Doris, morose, donna un coup de pied dans la boue et débita tout d’une traite :

— Margarita va le faire parce qu’elle se fiche totalement de savoir avec quel garçon ou quel homme elle le fait, tandis que moi, si je le faisais avec toi, je ne m’en ficherais pas.

Je l’observai alors avec une surprise amusée et, pour la première fois sans doute, je l’évaluai du regard de celui qui estime, qui apprécie. Malgré la crasse qui recouvrait son visage, je perçus son prude rougissement de jeune fille ainsi que sa gravité, et j’entrevis ce qui pouvait préfigurer une future beauté véritable. Ses yeux, que rien ne souillait, étaient somme toute d’un fort joli bleu et semblaient extraordinairement grands, bien que la maigreur de ses traits, due à une longue abstinence forcée, eût sans doute contribué à les accroître encore.

— Tu seras un jour une très belle femme, Doris, affirmai-je, soucieux de ne pas la blesser davantage. Pourvu que tu puisses te laver -ou au moins te racler. Et si tu parviens à étoffer ta silhouette, qui tient plus pour l’instant du manche à balai. Margarita est déjà, elle, aussi ample que sa mère.

Doris répliqua, acide :

— Dis plutôt qu’elle ressemble à son père : elle en a déjà la moustache !

Une tête aux cheveux sales, négligés, et aux prunelles chassieuses apparut à l’un des trous aux bords hérissés d’échardes qui perçaient la coque de la barge, et Margarita appela :

— Bon, eh, arrive avant que j’enfile mon pantalon, comme ça j’aurai pas besoin de l’enlever !

Je me retournai pour y aller quand Doris s’exclama :

— Marco !

Mais, voyant qu’impatient je persistais à lui tourner le dos, elle ajouta, amère :

— Tant pis. Va jouer au cochon, allez...

Je me hissai péniblement à l’intérieur de la coque sombre et humide, rampant sur son pont de planches pourries jusqu’à ce que je parvienne à l’espace cloisonné qu’occupait, sur un grabat de roseaux et de chiffons, la plantureuse Margarita. Mes mains tâtonnantes la touchèrent avant que je la voie, et son corps massif me parut aussi moite et visqueux que l’était la membrure de la barge. Immédiatement, elle se récria :

— Même pas en rêve, tant que je n’aurai pas palpé mon bagatìn.

Je la gratifiai de sa pièce de cuivre, et elle s’allongea sur sa paillasse, étendue sur le dos. Je l’enjambai, dans la position dans laquelle j’avais vu Michel. Et là, je tressaillis lorsqu’un lourd boum ! frappa l’extérieur de la coque, juste de l’autre côté de mon oreille, suivi d’un grinçant scritch ! Les garçons des bateaux étaient en train de se livrer à l’un de leurs passe-temps favoris. L’un d’eux avait capturé un chat (ce qui n’a vraiment rien d’un exploit, tant Venise en est infestée) et l’avait attaché au flanc de la coque. Chacun son tour, les garçons prenaient leur élan et couraient tête baissée s’écraser sur la bête, le jeu consistant à être celui qui lui assènerait le premier le coup mortel.

À mesure que mes yeux s’accoutumaient à la pénombre, je notai qu’en effet Margarita n’était rien moins que velue. Ses seins pâles et luisants semblaient même être la seule partie imberbe de son anatomie. Outre la tignasse hirsute qu’elle portait sur la tête et le duvet qui surmontait sa lèvre supérieure, ses bras et ses jambes étaient recouverts de longs poils rudes, et un panache capillaire fourni lui garnissait les aisselles. Vu la pénombre qui régnait et la véritable forêt qui tapissait son artichaut, je ne distinguais de son appareil féminin qu’une partie beaucoup plus réduite que ne m’en avait dévoilé tante Julia. (En revanche, je le sentais fort bien, Margarita n’était pas plus portée sur la toilette que ses congénères des bateaux.) Je savais que j’étais censé m’insérer quelque part là-dedans, mais...

Boum ! dans la coque, et une plainte atroce du chat, rien de mieux pour vous mettre à l’aise. Perplexe, je me mis à explorer de la main les régions inférieures de Margarita.

— Pourquoi tu joues avec ma chatte ? demanda-t-elle, usant du mot le plus vulgaire pour désigner cet orifice.

Je ris, sans doute d’une voix mal assurée, et répondis :

— J’essaie de trouver le... euh, ta lumaghèta.

— Et pour quoi faire ? T’as pas à te servir de ça. Tiens, voilà ce que tu cherches.

Elle descendit une main pour s’entrouvrir et une autre pour me guider dedans. Ce fut prestement exécuté, les profondeurs de la demoiselle étant des plus accessibles.

Boum ! Nouveau cri rauque !

— Maladroit, tu l’as encore ressorti ! maugréa-t-elle, avant de procéder à un brusque réajustement.

Je restai là étendu un moment, m’efforçant d’ignorer sa grossièreté, l’arôme douteux qu’elle dégageait ainsi que l’environnement peu avenant, et tentai d’apprécier la sensation que me procurait cette chaude, moite et peu familière cavité qui m’étreignait de façon assez lâche.

— Bon, eh, t’éternise pas non plus, hein ! geignit-elle. J’ai pas encore pissé moi, ce matin.

Je commençai à produire des allers-retours comme j’avais vu Michel le faire, mais avant que je ne décolle vraiment, la cale du bateau me parut s’assombrir un peu plus encore. Malgré tous mes efforts pour les retenir et savourer la chose, mes jets jaillirent à gros bouillons sans y avoir été invités et sans me procurer la moindre sensation de plaisir.

Boum !

— Oh, quelle gerbe ! Mais t’en finis plus ! s’exclama Margarita, dégoûtée. Je vais avoir les jambes qui collent toute la journée, ma parole. Allez, sors de là, imbécile, que je puisse sauter !

— Comment ? fis-je, un peu sonné.

Elle se dégagea, se mit debout et fit un saut en arrière. Elle refit un bond en avant, puis un autre en arrière, donnant du roulis à la barge tout entière.

— Fais-moi rire ! commanda-t-elle entre deux bonds.

— Quoi ? fis-je, éberlué.

— Raconte-moi quelque chose de drôle ! Voilà, ça fait sept sauts. J’ai dit fais-moi rire, marcolfo. Tu préfères avoir un bébé ?

— Pardon ?

— Oh, laisse tomber. Je vais éternuer, plutôt.

Elle se saisit d’une mèche de ses cheveux, l’enfila dans l’une de ses narines et fut secouée d’un éternuement explosif. Boum ! Rorr-rr-rrr...

La complainte du chat s’étrangla, signe évident qu’il venait de passer de vie à trépas. J’entendis les gamins se chamailler à propos de ce qu’il fallait faire de sa carcasse, Ubaldo étant partisan de nous la jeter, Daniele plus enclin à la balancer derrière la porte de l’échoppe de quelque Juif de la ville.

— J’espère que j’ai bien tout secoué, dit Margarita, s’épongeant les cuisses à l’aide de l’une de ses nippes.

Elle laissa retomber le linge souillé sur sa couche, se dirigea du côté opposé de la cale, s’accroupit et se mit à uriner copieusement. J’attendis, pensant qu’il était peut-être séant que l’un de nous deux ajoutât quelque chose. Mais je décidai assez vite que son soulagement matinal était intarissable et rampai hors de la barge par le chemin que j’avais emprunté pour venir.

— Sana capàna ! cria Ubaldo, comme je venais de me joindre à leur petite bande. Alors, comment c’était ?

Je le gratifiai du sourire las d’un mondain blasé. Tous les garçons émirent des gloussements, des huées, des cris de joie malicieux et pleins de bonne humeur, et Daniele conclut, triomphant :

— Ma sœur est bonne, c’est vrai, mais ma mère est encore meilleure !

Doris n’était pas dans les environs, et j’en fus soulagé, car je n’aurais pas aimé croiser son regard. J’avais accompli mon premier voyage de découverte (une brève incursion dans l’âge d’homme) mais je me sentais peu enclin à m’enorgueillir de cette prouesse. Je me sentais sale, certain, de plus, d’empester la Margarita à plein nez. J’aurais mieux fait d’écouter Doris et de ne pas tenter l’aventure. Si c’était là tout ce qu’il fallait faire pour être un homme, et s’il fallait l’accomplir avec une femme, eh bien voilà, c’était une affaire réglée. À compter de cet instant, j’étais autorisé à rouler des mécaniques et à plastronner, l’air faraud, comme tous les autres garçons, et je ne m’en priverais pas. Mais j’avais décidé en mon for intérieur, avant toute autre chose, d’être gentil avec tante Julia. Je ne chercherais pas à me moquer d’elle pour ce que j’avais surpris dans sa chambre, ne la mépriserais pas, ne médirais pas à son propos, ni ne lui extorquerais la moindre concession sous la menace de tout révéler. J’étais désolé pour elle. Me sentant déjà souillé et déprimé après mon expérience avec une simple fille des bateaux, je n’osais imaginer ce que devait être la détresse de ma malheureuse nounou de n’avoir d’autre partenaire possible qu’un méprisable Noir.

Je n’eus hélas pas l’opportunité de faire montre de ma noblesse d’esprit. Lorsque je revins à la maison, ce fut pour trouver tous les autres domestiques en grand émoi, car Julia et Michel avaient disparu durant la nuit.

Les sbiri avaient déjà été alertés par maître Attilio, et ces gorilles de policiers émettaient le type de conjectures dont ils étaient capables : Michel avait emmené de force Julia dans la gondole, ou bien, pour une raison inconnue, ils avaient emprunté de nuit ladite gondole, qui avait chaviré, les noyant ainsi tous deux. Il s’agissait donc de demander aux pêcheurs en mer de garder l’œil sur ce que pourraient charrier leurs filets et d’expliquer aux paysans de la Venise située côté terre qu’il fallait être attentif à tout homme noir convoyant une captive blanche. Après quoi seulement ils s’étaient avisés d’aller inspecter le canal situé juste devant la Casa Polo où flottait le bateau, innocemment amarré à son poteau habituel. Ils s’étaient alors gratté la tête, à la recherche de nouvelles théories. S’ils avaient pu arrêter ne serait-ce que Michel seul, sans la femme, ils se seraient fait un plaisir de l’exécuter. Un esclave en fuite est en effet considéré ipso facto comme un voleur, dans la mesure où, en fuyant, il spolie son maître de sa propriété : en l’occurrence sa propre personne.

Je gardai le silence sur ce que je savais, persuadé que Julia et Michel, alarmés par ma découverte de leur sordide liaison, avaient résolu de s’échapper ensemble. Quoi qu’il en soit, ils ne furent jamais retrouvés, et l’on n’entendit plus reparler d’eux. Ils avaient dû trouver refuge en quelque point retiré du monde, où ils finiraient leurs jours dans des conditions misérables, que ce soit dans la Nubie natale de Michel ou dans la Bohême d’où était originaire Julia.

Marco Polo 1 - Vers l'orient
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